
Le Congo s’organise pour hisser haut sa politique scientifique. Réuni à Brazzaville ce 8 avril 2026, le gouvernement a adopté un projet de loi ambitieux visant à structurer et dynamiser la recherche scientifique, avec un accent particulier sur l’essor de l’intelligence artificielle (IA). Ce texte marque une volonté claire : faire de l’innovation un levier de développement national.
Au cœur de cette réforme, la reconnaissance du statut de chercheur. Longtemps marginalisée, cette profession devrait désormais bénéficier d’une valorisation accrue, tant sur le plan social que professionnel. L’objectif est double : stimuler la production scientifique locale et susciter des vocations auprès des jeunes générations.
Le projet de loi mise également sur l’ouverture internationale. En favorisant les partenariats scientifiques et technologiques avec d’autres pays, le Congo entend accélérer son intégration dans les dynamiques mondiales de l’innovation. Cette coopération apparaît comme un passage obligé pour renforcer les capacités nationales et attirer d’importants investissements.
Autre pilier majeur : l’encadrement éthique de l’intelligence artificielle. La création annoncée d’un comité national d’éthique vise à prévenir les dérives liées à l’usage des technologies numériques, tout en garantissant une exploitation responsable de l’IA. Une approche qui traduit la volonté d’allier progrès technologique et respect des valeurs humaines.
Défendu par Jean-Luc Marcel Mouthou en l’absence du ministre Rigobert Maboundou, ce projet de loi est présenté comme un tournant. Reste désormais un défi de taille : passer des ambitions aux actes, pour que cette réforme ne reste pas une promesse, mais devienne un véritable moteur de transformation.
A noter que le pays s’est déjà doté d’un Centre Africain de Recherche et d’Innovation en Intelligence Artificielle (CARIA) à l’université Denis Sassou Nguesso. Avec l’appui des chercheurs issus des autres unités scientifiques de différentes facultés de l’université Marien Ngouabi, tout cela balise la voie à cette nouvelle loi en faveur des scientifiques ouvrant aussi de nouvelles perspectives pour le pays.
Rustine De Gloire