Groupe Castel : une crise de gouvernance oppose les héritiers à la direction générale

170
Affiche début Article

 

Le groupe Castel, poids lourd mondial du vin et des boissons, traverse une zone de fortes turbulences. En toile de fond, une crise de gouvernance désormais ouverte oppose les héritiers de son fondateur, Pierre Castel, à l’actuel directeur général, Grégory Clerc. Longtemps contenue dans les cercles feutrés du pouvoir, cette lutte interne a éclaté au grand jour lors d’une assemblée générale extraordinaire tenue à Singapour, au cœur du dispositif financier qui contrôle l’empire.

Le 8 janvier dernier, les ayants droit du patriarche ont tenté de faire acter la révocation de Grégory Clerc, nommé directeur général en 2023 après avoir longtemps été le conseiller fiscal personnel de Pierre Castel. Mais la procédure a tourné court : aucun vote n’a pu se tenir. La famille dénonce des manœuvres procédurales au sein de la holding IBBM, accusée d’avoir entravé l’expression des droits des actionnaires. Selon les héritiers, près de 97 % du capital serait pourtant favorable au départ du dirigeant. Une nouvelle assemblée générale est annoncée, avec à l’ordre du jour la révocation conjointe de Grégory Clerc et du président d’IBBM, Pierre Baer.

Derrière cet affrontement, c’est toute la mécanique juridique et capitalistique du groupe qui est remise en question. Castel s’appuie sur un enchevêtrement de holdings basées notamment à Singapour et au Luxembourg, qui chapeautent les entités opérationnelles, en particulier en Afrique. Ce montage permet une séparation nette entre la détention du capital et la gestion quotidienne, un modèle défendu par Grégory Clerc mais vivement contesté par la famille fondatrice.

Selon des sources concordantes, Romy et Alain Castel dénoncent une marginalisation progressive du pouvoir familial et évoquent une véritable « crise de gouvernance ». Depuis l’arrivée de Clerc à la direction générale, plusieurs cadres historiques proches de la famille auraient été écartés, alimentant le sentiment d’une concentration du pouvoir au sommet.

Si le groupe demeure solide sur le plan économique, notamment en Afrique où Castel reste un acteur incontournable, cette guerre interne fait planer une incertitude stratégique sur l’avenir. Pour les héritiers, il s’agit de reprendre le contrôle d’un empire bâti par leur père. Pour Grégory Clerc, l’enjeu est de préserver une gouvernance h’dqu’il juge légitime. Désormais, le face-à-face entre héritage familial et pouvoir juridique se joue à découvert.

Rustine De Gloire

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.