
18 mars 1977 – 18 mars 2026, voici déjà près d’un demi-siècle après sa disparition tragique du président Marien Ngouabi. Très rustique et réputé comme un président proche de la population, il demeure une figure incontournable de l’histoire politique du Congo. Son nom continue de résonner à travers des institutions majeures et des infrastructures publiques qui perpétuent son héritage. L’Université Marien Ngouabi, principal établissement d’enseignement supérieur du pays, le musée éponyme, des centres de santé ainsi que plusieurs avenues à travers le territoire national témoignent de l’empreinte durable laissée par cet homme d’État.
Né le 31 décembre 1938 à Ombélé, dans le district de Fort-Rousset (aujourd’hui Owando), Marien Ngouabi suit un parcours marqué très tôt par la discipline militaire. Après ses études primaires dans sa localité natale, il intègre à seulement 15 ans l’école militaire général Leclerc de Brazzaville. Sa formation se poursuit en France, notamment à Strasbourg où il obtient son brevet de parachutiste, puis à Saint-Cyr Coëtquidan. De retour au Congo en 1962, il s’impose progressivement comme une figure montante de l’armée nationale.
Sa carrière militaire prend une dimension politique après les événements des « Trois Glorieuses » d’août 1963. Promu capitaine en 1964, il participe à la structuration des forces armées, notamment en mettant sur pied le premier bataillon para-commando. Mais son ascension est marquée par des tensions avec le pouvoir en place. En 1966, après un conflit avec le président Alphonse Massamba-Débat, il est rétrogradé au rang de simple soldat, une décision qui provoque une vive contestation populaire avant qu’il ne soit rétabli dans son grade. C’est ainsi qu’il va écrire son premier livre « le soldat du peuple», un livre encore vivant et historique jusqu’à ce jour.
L’année 1968 marque un tournant décisif. Arrêté en juillet sur ordre du pouvoir, il est libéré quelques jours plus tard par des parachutistes lors d’un mouvement insurrectionnel. Il prend alors la tête de ce soulèvement, fonde le Conseil National de la Révolution, puis le Parti Congolais du Travail. Le 31 décembre 1968, il devient président de la République, installant un régime d’inspiration marxiste-léniniste. Son pouvoir sera néanmoins jalonné de tentatives de coups d’État et de crises politiques, révélant un climat de forte instabilité.
Malgré ces turbulences, Marien Ngouabi est souvent décrit comme un dirigeant déterminé, animé par un idéal patriotique et soucieux de consolider les acquis économiques du pays. Son mandat connaît toutefois des moments critiques, notamment en 1975 avec une « rectification » du processus révolutionnaire. Finalement, le 18 mars 1977, il est assassiné dans des circonstances qui restent encore sujettes à débat, marquant profondément la mémoire collective nationale.
Aujourd’hui encore, après son assassinat, le souvenir de Marien Ngouabi dépasse le cadre historique pour s’inscrire dans le quotidien des Congolais. Entre reconnaissance institutionnelle et héritage politique, il incarne à la fois une période charnière de l’histoire du Congo et une figure dont l’influence continue d’alimenter les réflexions sur la gouvernance, l’engagement patriotique et la construction de l’État. Et si on l’avait laissé continué son travail, que serait devenue la République du Congo ?
Juslie Lebongui