
Le président de la République, Denis Sassou N’Guesso, a officiellement lancé, le 27 février à la gare centrale de Brazzaville, les travaux de modernisation du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO). Un chantier d’envergure nationale qui marque le début d’une nouvelle ère pour cette infrastructure historique, pilier du développement économique du Congo.
Un patrimoine stratégique à réinventer
Construit entre 1921 et 1934, le CFCO relie Brazzaville à Pointe-Noire sur 515 kilomètres. Inaugurée en 1934, cette ligne ferroviaire avec plus de neuf décennies d’histoire, a longtemps constitué la principale artère de transport des personnes et des marchandises entre le port atlantique et l’intérieur du pays. Mais au fil des années, vétusté des rails, dégradation des traverses en bois, fragilisation des ouvrages d’art et insuffisance des équipements ont ralenti ses performances. Face à ces défis, le gouvernement a décidé d’engager une modernisation en profondeur afin de redonner au CFCO toute sa compétitivité et d’en faire un levier de croissance durable.
Une réhabilitation complète sur quatre ans
Confié à un consortium chinois spécialisé, le projet s’étendra sur quatre ans. Selon le ministre d’État en charge de l’Aménagement du territoire et des Grands travaux, Jean Jacques Bouya, les travaux porteront sur des axes précis et structurants.
Il s’agira notamment de :
Remplacer les anciens rails et les traverses en bois par des structures préfabriquées en béton armé ;
Renforcer les assises en ballast ;
Reconstituer intégralement la voie ferrée sur plusieurs tronçons ;
Réhabiliter les ouvrages d’art et sécuriser les tunnels ;
Moderniser les systèmes techniques et logistiques.
Les gares principales de Pointe-Noire, Dolisie, Nkayi, Madingou, Bouansa, Loutété, Mindouli et Brazzaville seront rénovées. Là où cela est possible, l’architecture d’origine sera conservée, tout en intégrant des galeries marchandes et des espaces modernisés, afin de transformer ces sites en véritables pôles d’activité économique.
Les gares secondaires, les dépôts et les ateliers d’entretien seront également reconstruits ou remis à niveau pour garantir la maintenance régulière et la pérennité des installations.
Une flotte renouvelée pour un nouveau départ.
Au-delà des infrastructures, la relance du CFCO passe par le renforcement de sa capacité opérationnelle. Le projet prévoit l’acquisition de :
Dix nouvelles locomotives de ligne ;
Quatre trains voyageurs modernes ;
Cent wagons, dont quarante porte-conteneurs ;
Des stocks stratégiques de pièces de rechange.
Des draisines seront également achetées pour le contrôle et l’entretien de la voie, tandis que du matériel de manutention sera déployé dans les principales gares. Un poste moderne d’entretien des locomotives, des wagons et des voitures voyageurs sera construit et équipé.
Cap sur la modernité numérique
La transformation du CFCO inclut enfin un volet technologique majeur. Un système de communication sans fil et par fibre optique reliera le poste de commandement de Pointe-Noire à l’ensemble des gares.
Ce dispositif sera complété par une signalisation lumineuse numérique moderne intégrant moteurs d’aiguilles, compteurs d’essieux, signaux intelligents et système centralisé de gestion du trafic.
Avec cette modernisation, le CFCO ambitionne de redevenir la colonne vertébrale logistique du Congo, facilitant le transport des minerais, des produits agricoles, des hydrocarbures et des biens de consommation entre l’hinterland et le port de Pointe-Noire. Plus qu’un simple chantier ferroviaire, il s’agit d’un pari sur l’avenir : celui d’un réseau performant, sécurisé et compétitif, capable de soutenir la diversification économique et d’accompagner la transformation structurelle du pays.
Rustine De Gloire