Musée d’Histoire du Congo et d’Afrique centrale : le compte à rebours d’un grand rendez-vous avec la mémoire

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À Mpila, dans le 6ᵉ arrondissement de Brazzaville, un bâtiment encore silencieux porte déjà une ambition immense : celle de devenir, demain, l’un des hauts lieux de la mémoire nationale et régionale. Le Musée d’Histoire du Congo et d’Afrique centrale, encore non mis en service, incarne l’un des projets culturels les plus structurants de la République du Congo contemporain.

 

Selon les autorités culturelles, l’ouverture officielle de cette infrastructure muséale est projetée à l’horizon 2028. Toutefois, des sources proches du dossier évoquent la possibilité d’une mise en service anticipée dès 2026, au moins partielle, si les conditions techniques, logistiques et scientifiques sont réunies.

À ce stade, le musée n’accueille pas encore le public. A notre passage dans la matinée de ce mardi 27 janvier 2026, nous avons constaté la présence d’ouvriers occupés à installer les équipements des bureaux. Il s’agit donc d’un projet en gestation, mais déjà au cœur des débats sur la politique culturelle, la conservation du patrimoine et la transmission de l’histoire aux jeunes générations. Un bijou imposant qui doit être bien entretenu à l’image du Mémorial Pierre Savorgnan de Brazza mis en service depuis 2006. D’ailleurs, selon des sources proches, à moins d’un changement de dernier virage, Bélinda Ayessa, l’actuelle Directrice de ce mémorial sera la gestionnaire du Musée d’Histoire du Congo et d’Afrique centrale. Ce qui sera tel un prolongement, une adaptation, une amélioration et un partage d’expérience de son travail de longue date. 

Ouvriers à pied d’oeuvre

Une ambition nationale et sous-régionale

Pensé comme un musée de référence, l’établissement a vocation à retracer l’histoire du Congo dans son inscription africaine et centre-africaine : civilisations anciennes, royaumes précoloniaux, période coloniale, luttes pour l’indépendance, construction de l’État moderne, mais aussi dynamiques culturelles contemporaines.

Le projet prévoit l’accueil d’environ 2 500 œuvres d’art et objets patrimoniaux, un chiffre qui témoigne de l’ampleur de la vision portée par les autorités.

Talangaï, un site complémentaire stratégique

Dès 2021, lors d’une séance de questions au gouvernement, le ministre de la Culture et des Arts Dieudonné Moyongo avait apporté des précisions importantes. Répondant au sénateur Ludovic Miyouna, il indiquait déjà l’existence de ce nouveau site.

Cette déclaration laissait entrevoir une architecture muséale à plusieurs pôles, avec Mpila comme site emblématique et Talangaï comme espace complémentaire de conservation, de réserve ou d’exposition spécialisée. Une approche moderne, conforme aux standards internationaux de gestion du patrimoine.

Un enjeu de souveraineté culturelle

Au-delà du bâtiment, le futur musée pose une question centrale : comment le Congo raconte-t-il sa propre histoire ?

Dans un contexte marqué par les débats sur la restitution des biens culturels africains, la création de ce musée apparaît comme un acte de souveraineté mémorielle, mais aussi comme un outil pédagogique, scientifique et diplomatique.

Le musée pourrait devenir :

. un centre de recherche historique et anthropologique,

. un outil d’éducation pour les écoles et universités,

. un levier de tourisme culturel,

. un espace de dialogue sur l’identité congolaise et africaine.

L’attente avant l’ouverture

À l’approche de l’ouverture, les regards se tournent désormais vers les autorités culturelles, les conservateurs, les historiens et les partenaires techniques. L’enjeu n’est pas seulement d’ouvrir un musée, mais de poser les bases d’une institution durable, crédible et vivante.

Le Musée d’Histoire du Congo et d’Afrique centrale n’a pas encore ouvert ses portes, mais il existe déjà dans les esprits comme une promesse : celle d’un retour structuré à la mémoire, au service du présent et des générations futures.

Juslie Lebongui

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