Nigeria : TikTok défie une amende record de 5 millions de dollars devant la justice

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Le réseau social chinois TikTok a engagé un bras de fer judiciaire avec les autorités nigérianes. En décembre dernier, la plateforme détenue par le groupe ByteDance a saisi la cour fédérale d’Abuja pour contester une amende de 5 millions de dollars infligée par la Nigeria Data Protection Commission (NDPC). Cette sanction, prononcée en novembre 2025, fait suite à des accusations de manquements graves dans la protection des données personnelles de ses utilisateurs, en particulier celles des mineurs.

L’affaire trouve son origine dans une enquête ouverte le 5 mars 2025 après la diffusion d’une pétition émanant d’une école privée de la presqu’île de Lekki, à Lagos. Le document dénonçait une exploitation présumée des données personnelles d’enfants utilisant la plateforme. Face à ces allégations, le gouvernement nigérian a exigé des explications de TikTok sur d’éventuelles fuites de données et sur l’insuffisance des mécanismes de protection des mineurs.

À l’issue des investigations, la NDPC a estimé que TikTok avait manqué à son devoir de « vigilance dans le traitement des données à caractère personnel des utilisateurs mineurs», nous apprend Africa intelligence. Les enquêteurs ont également pointé l’absence d’autorisation requise pour le transfert transfrontalier de données, une violation majeure du cadre réglementaire nigérian en matière de protection de la vie privée.

Outre l’amende financière, les autorités ont imposé à TikTok plusieurs mesures correctives. La plateforme, qui revendique près de 30 millions d’utilisateurs au Nigeria, doit désormais intégrer des contenus éducatifs sur les risques liés à l’utilisation des données personnelles. Elle se voit aussi interdire toute forme de profilage comportemental, tant pour les mineurs que pour les adultes, sans consentement explicite des utilisateurs concernés.

Qualifiée d’« arbitraire, excessive et disproportionnée » par ses dirigeants, la décision de la NDPC est aujourd’hui contestée par TikTok, dont les avocats affirment n’avoir jamais reçu officiellement la pétition à l’origine de la procédure. La société met en avant l’existence d’outils de contrôle parental et d’un système de modération censé détecter les utilisateurs mineurs. Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de fermeté accrue d’Abuja envers les géants du numérique, après les lourdes sanctions infligées ces dernières années à Meta ou encore la suspension temporaire de la plateforme X, anciennement Twitter.

La Rédaction

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