Ouganda : Yoweri Museveni reconduit pour un septième mandat

42
Affiche début Article

À 81 ans, Yoweri Museveni prolonge un règne entamé il y a près de quarante ans. L’ancien chef rebelle, au pouvoir depuis 1986, a été officiellement réélu pour un septième mandat consécutif, consolidant ainsi son emprise sur l’appareil d’État ougandais. Cette nouvelle victoire s’inscrit dans un contexte politique marqué par un contrôle étroit des institutions électorales et sécuritaires.

Une opposition incarnée par Bobi Wine
Face au président sortant, l’opposition était portée par Bobi Wine, de son vrai nom Robert Kyagulanyi. Âgé de 43 ans, l’ancien chanteur devenu figure politique s’est imposé comme le principal rival du régime. Surnommé le « président du ghetto », en référence à son enfance dans les quartiers populaires de Kampala, il cristallise les aspirations d’une jeunesse urbaine en quête de changement.

Des résultats largement contestés
Selon les chiffres définitifs annoncés par la Commission électorale, présidée par Simon Mugenyi Byabakama, Yoweri Museveni aurait recueilli 71,65 % des suffrages, contre 24,72 % pour Bobi Wine. Des résultats immédiatement rejetés par l’opposant, qui a dénoncé de graves irrégularités électorales.
Appels à la mobilisation et climat de répression

Quelques minutes avant la proclamation officielle, Bobi Wine a diffusé une vidéo sur le réseau social X dans laquelle il rejette le verdict des urnes et appelle les Ougandais à manifester. Il a également évoqué des menaces pesant sur sa sécurité, affirmant que son domicile était encerclé par des forces militaires.
Estimant que le système judiciaire est inféodé au pouvoir en place, l’opposant a exclu toute voie de recours légal. Une position qui rappelle l’élection présidentielle de 2021, au cours de laquelle il avait initialement saisi la justice avant de retirer sa plainte, dénonçant déjà l’absence d’indépendance de la Cour suprême.

Cette nouvelle réélection de Yoweri Museveni intervient dans un climat d’intimidation généralisée, selon plusieurs observateurs et organisations de défense des droits humains. Arrestations d’opposants, restrictions des libertés publiques et déploiement sécuritaire massif ont rythmé le processus électoral, alimentant les critiques sur l’état de la démocratie en Ouganda.

JL

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.