Rwanda : 32 ans après le génocide, la mémoire résiste et l’unité s’impose

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Trente-deux ans après le génocide contre les Tutsi, le souvenir demeure vif dans les esprits, entre douleur persistante et devoir de mémoire. Ce drame, qui a profondément marqué l’histoire du Rwanda, continue de hanter les survivants et leurs proches. Pourtant, au fil des années, le pays a engagé un processus remarquable de reconstruction, porté par une volonté collective de tourner la page sans jamais oublier.

Selon le baromètre de l’unité nationale de 2025, l’indice d’unité et de réconciliation a atteint 95,53 %, illustrant une adhésion massive des citoyens aux valeurs de cohésion sociale. Ce résultat témoigne des efforts consentis pour panser les blessures du passé et bâtir une société fondée sur la solidarité, malgré les séquelles encore profondes laissées par le génocide.

À Brazzaville, la commémoration du 7 avril a été marquée par une forte charge émotionnelle. Allumage de bougies, lectures de poèmes d’espoir et de résilience, et observation d’une minute de silence ont rythmé cette cérémonie organisée par la communauté rwandaise vivant en République du Congo. En présence de représentants des institutions et du corps diplomatique, l’événement visait à honorer la mémoire des victimes innocentes et à soutenir les rescapés.

Les rwandais à l’honneur malgré la douleur autour de la table commémorative ,l’accoutrement du pays s’impose.

Placée sous le thème « Se souvenir, s’unir pour le renouveau », cette trente deuxième commémoration a également rendu hommage à ceux qui ont mis fin au génocide et contribué à la libération du Rwanda. Pour l’ambassadeur Parfait Busabizwa, ce moment reste essentiel pour raviver la mémoire collective et renforcer l’engagement contre toute idéologie génocidaire, où qu’elle se manifeste.

Il a rappelé que le génocide de 1994 n’était pas un événement spontané, mais l’aboutissement de décennies de haine ethnique, de divisions et de déshumanisation. Aujourd’hui encore, a-t-il averti, ces idéologies persistent dans la région des Grands Lacs, notamment à travers des groupes armés comme les FDLR, qui continuent de menacer la stabilité et de propager des discours de haine, en particulier dans l’Est de la République démocratique du Congo.

Se souvenir ne suffit plus : face aux résurgences de la haine, le combat pour l’unité et la dignité humaine reste une urgence, afin que le « plus jamais ça » devienne une réalité irréversible.

Juslie Lebongui

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