Interpol et les héritiers de Ben Ali : l’affaire Halima au cœur des poursuites

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Halima Ben Ali, fille cadette de l’ancien président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali, fait l’objet d’une notice rouge d’Interpol émise à la demande de Tunis. Son arrestation le 29 septembre 2025 à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, à Paris s’inscrit dans le cadre d’une procédure découlant d’un mandat d’arrêt international délivré depuis juin 2011 par la justice tunisienne. Celle-ci soupçonne la jeune femme et plusieurs membres de sa famille d’avoir acquis des biens financiers et immobiliers à l’étranger de manière illégale. Déjà interpellée une première fois à Milan en 2018, Halima Ben Ali, aujourd’hui âgée de 33 ans, traîne depuis la chute du régime de son père un lourd dossier judiciaire.

Les autorités tunisiennes l’accusent d’avoir participé, alors qu’elle était encore mineure, à des montages financiers douteux, notamment dans l’affaire Stafim Peugeot, société que son fiancé de l’époque, Mehdi Ben Gaïed, aurait contrôlée à travers Azur Holding. En octobre 2011, un second mandat d’arrêt a été émis dans ce cadre. Condamnée par contumace en 2016 à six ans de prison, elle a toutefois bénéficié en 2021 d’un non-lieu, la justice tunisienne reconnaissant qu’elle était mineure lors des faits. Ce jugement avait aussi conduit à l’annulation d’un des mandats internationaux, mais la notice rouge d’Interpol liée aux avoirs à l’étranger est restée en vigueur.

C’est sur la base de cette notice qu’Halima Ben Ali avait été brièvement détenue en Italie en 2018 avant d’être relâchée, les documents d’extradition tunisiens étant arrivés trop tard. A en croire Africa Intelligence, Sa demande de radiation du fichier d’Interpol, fondée sur le caractère politique des poursuites et les garanties insuffisantes de la justice tunisienne, a été rejetée par la Commission de contrôle des fichiers. En 2025, elle a de nouveau tenté de faire lever son inscription sur la liste européenne des personnes visées par des procédures judiciaires, sans succès.

Reste à savoir si la France accédera à la demande d’extradition formulée par Tunis. Le précédent de Belhassen Trabelsi, oncle d’Halima Ben Ali, dont l’extradition avait été refusée en 2021 pour risque de traitements inhumains, plaide pour la prudence. En attendant, la jeune femme, défendue par son avocate Samia Maktouf, reste sous le coup d’une procédure internationale dont les ramifications mêlent justice, politique et héritage d’un régime déchu.

La Rédaction

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