
L’investiture du président Denis Sassou Nguesso, au stade de la Concorde de Kintélé, n’a pas seulement marqué le début d’un nouveau mandat. Elle a surtout été l’occasion d’un engagement fort : celui de « ne jamais trahir le peuple » qui lui a renouvelé sa confiance. Une déclaration lourde de sens dans un pays où les attentes sociales, économiques et politiques sont à leur comble.
Mais que signifie réellement cet engagement dans le contexte congolais actuel ? Ne pas trahir le peuple, c’est d’abord gouverner dans la transparence, rompre avec les pratiques qui alimentent la défiance, et faire de l’intérêt général une priorité absolue. C’est aussi répondre concrètement aux aspirations des citoyens : emploi pour les jeunes, amélioration du pouvoir d’achat, accès aux services de base, et lutte efficace contre les inégalités. En d’autres termes, cet engagement ne peut rester symbolique ; il impose des résultats mesurables.
Les enjeux sont donc immenses. Sur le plan politique, il s’agit de restaurer ou de consolider la confiance entre gouvernants et gouvernés, dans un climat souvent marqué par le scepticisme. Sur le plan économique, le défi est d’accélérer une croissance inclusive dans un pays encore dépendant des ressources extractives. Socialement, l’État est attendu sur des réponses concrètes face au chômage, à la précarité et aux inégalités territoriales. Chaque promesse engage désormais la crédibilité du pouvoir.
Dans cette perspective, le projet de société « Accélérons la marche vers le développement » apparaît comme la feuille de route de ce serment présidentiel. Encore faut-il qu’il dépasse le cadre programmatique pour devenir une véritable dynamique de transformation. Accélérer le développement suppose des réformes structurelles : diversification de l’économie, modernisation de l’éducation, soutien à l’entrepreneuriat local, et gouvernance rigoureuse des ressources publiques. Sans cela, le slogan risque de s’essouffler face à la réalité.
En définitive, l’engagement de ne pas trahir le peuple place le président face à une exigence de cohérence entre la parole et l’action. Plus qu’un serment, c’est un contrat moral avec la nation. Et comme tout contrat, il sera jugé à l’épreuve du temps. Car au-delà des discours, c’est dans la vie quotidienne des Congolais que se mesurera la fidélité à cette promesse.
Juslie Lebongui