
Le monde de la musique congolaise est en deuil. Pierre Moutouari, monument de la rumba et véritable ambassadeur culturel du Congo-Brazzaville, s’est éteint mercredi soir à Paris, à l’âge de 75 ans. Une ancienne voix d’or s’est tue, elle a été mêlée de passion et de résilience, mais son écho continuera de résonner dans les mémoires de plusieurs générations de mélomanes.
Né avec le rythme dans le sang, Pierre Moutouari découvre très tôt sa vocation. À seulement 18 ans, il rejoint en 1968 l’orchestre Sinza Kotoko, formation emblématique de Brazzaville. Sa voix veloutée et sa prestance sur scène ne passent pas inaperçues, imposant déjà la marque d’un artiste d’exception.
Cinq ans plus tard, en 1973, l’histoire lui ouvre les bras : Sinza Kotoko participe au premier Festival panafricain de la jeunesse à Tunis. Le groupe brille et décroche la médaille d’or, un triomphe continental qui propulse Pierre Moutouari et ses compagnons sur la scène panafricaine.
Une carrière façonnée par la passion et la résilience
Toujours en quête de nouveaux horizons, Moutouari fonde en 1975 son propre orchestre, « Les Sossa ». Malgré le talent et la créativité, le succès escompté n’est pas au rendez-vous. Loin de se décourager, il décide en 1979 de s’envoler pour Paris, une ville qui deviendra son nouveau terrain d’expression.
C’est là qu’il entame une carrière solo remarquable, multipliant les collaborations et fusionnant les sonorités. Sa musique se teinte de modernité, sans jamais trahir l’âme profonde de la rumba congolaise.
Un passeur de cultures
Pierre Moutouari ne se contente pas de chanter, il unit les peuples à travers la musique. Sa collaboration avec Jacob Desvarieux, du légendaire groupe Kassav’, marque une rencontre historique entre la rumba congolaise et le zouk antillais. De cette fusion naît un style métissé, vibrant, symbole d’un dialogue entre l’Afrique et les Caraïbes.
Un héritage éternel
Artiste engagé, passionné et généreux, Pierre Moutouari laisse derrière lui une empreinte indélébile. Son parcours, de Brazzaville à Paris, de Sinza Kotoko à la scène internationale, raconte une histoire de persévérance et d’amour de l’art.
Le Congo perd une de ses légendes, mais la rumba, elle, ne meurt jamais.
Elle continue de danser, de chanter et de pleurer au rythme des mélodies que Pierre Moutouari a offertes au monde.
Selon les informations provenant des associations et relayées par l’ACP »Le chanteur Pierre Moutouari s’est vu décerné dans les années 1990 le trophée Ngoma Africa en République démocratique du Congo (RDC) en compagnie des Miriam Makeba et d’Aïcha Koné″.
La Rédaction