
Alors que la compagnie nationale marocaine s’apprête à recevoir une centaine de nouveaux appareils d’ici à 2037, Royal Air Maroc (RAM) prépare une ambitieuse opération de renforcement de son personnel navigant. Objectif : attirer de nouveaux pilotes étrangers tout en fidélisant ceux qui approchent de la retraite.
Pour répondre à ses besoins croissants, la RAM a mandaté le cabinet britannique AeroProfessional, spécialiste du recrutement aéronautique. Sous la supervision de Jamie Pye et Dean O’Sullivan, cette société est chargée d’embaucher une cinquantaine de pilotes étrangers spécialisés sur Boeing 737 Next Generation.
Ces nouvelles recrues devraient rejoindre la compagnie dès la saison hivernale 2025-2026. Le contrat proposé d’une durée de cinq ans, renouvelable s’accompagne d’une rémunération brute mensuelle de 10 000 euros.
Cette initiative intervient peu après la commande officielle, durant l’été, d’une centaine d’avions auprès du constructeur américain Boeing, dirigé par Kelly Ortberg. Ce renouvellement de flotte, qui fera passer la RAM d’environ 50 à près de 200 appareils, sera étalé jusqu’en 2037.
Une stratégie de continuité et d’efficacité
En misant sur Boeing, son fournisseur historique, Royal Air Maroc a choisi la continuité technique et opérationnelle. Un changement de constructeur aurait nécessité de longues formations pour les équipages et aurait réduit la disponibilité d’un personnel déjà très sollicité.
Parallèlement à cette campagne de recrutement, la compagnie a lancé un plan d’aménagement du départ à la retraite. Si l’âge légal reste fixé à 60 ans, les pilotes proches de la retraite pourront désormais prolonger leur carrière jusqu’à 62 ans, sous contrat avec RAM Express, la filiale régionale de la compagnie.
Pour atteindre son objectif d’un effectif de plus de mille pilotes à l’horizon 2037, la RAM prévoit de recruter une centaine de nouveaux professionnels chaque année. Elle relance également son académie de formation, fermée depuis 2011 sous la présidence de Driss Benhima, afin de renforcer la formation locale. Jusque-là, la compagnie comptait principalement sur l’École royale de l’air.
Avec cette double stratégie attirer des talents étrangers et relancer la formation nationale Royal Air Maroc entend consolider sa place parmi les grandes compagnies africaines, tout en se préparant à un essor majeur de son activité dans les années à venir.
La Rédaction