Ebola : la RDC face à une flambée meurtrière sans précédent

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La République démocratique du Congo (RDC) est confrontée à une nouvelle flambée d’Ebola d’une ampleur particulièrement préoccupante. Déclarée en mai dernier dans la province de l’Ituri, l’épidémie a déjà fait 2 325 morts sur 4 945 cas confirmés, selon le bilan arrêté au 15 août par les autorités congolaises. Avec 1 040 personnes guéries et environ 730 patients encore pris en charge, la létalité atteint près de 47 %, faisant de cette crise l’une des plus graves jamais enregistrées dans le pays.

Partie de l’Ituri, l’épidémie a gagné cinq autres provinces : le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Haut-Uélé, le Bas-Uélé et la Tshopo. Au total, 55 zones de santé sont désormais concernées. Cette progression inquiète d’autant plus que plusieurs de ces territoires sont confrontés aux déplacements de populations et à des difficultés d’accès, compliquant le dépistage, l’isolement des malades et le suivi des personnes ayant été en contact avec des cas confirmés.

La situation est aggravée par la souche du virus identifiée, Ebola Bundibugyo. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), aucun vaccin ni traitement spécifique contre cette souche n’est actuellement homologué. Sur le terrain, les équipes sanitaires doivent également composer avec la méfiance d’une partie des populations. Dans plusieurs communautés de l’Ituri, certains malades préfèrent rester à domicile ou recourir à des soins familiaux, au risque de retarder leur prise en charge et de favoriser la transmission du virus.

À Bunia et dans d’autres zones touchées, les autorités renforcent les mesures de prévention, notamment dans les marchés et les lieux très fréquentés. Mais la riposte reste confrontée à d’importantes contraintes logistiques et financières. Des agents mobilisés pour la surveillance, les soins ou les enterrements sécurisés ont notamment réclamé le paiement de leurs primes. Le financement constitue également un sérieux défi : sur les 518 millions de dollars nécessaires au plan commun de préparation et de riposte élaboré par l’OMS et Africa CDC, seuls 264 millions avaient été mobilisés à la mi-août.

Au-delà du nombre de victimes, c’est donc la capacité de la RDC à contenir rapidement la propagation qui est en jeu. Le suivi des contacts demeure préoccupant, les acteurs de la riposte estimant que les données disponibles pourraient sous-évaluer le nombre de personnes exposées. Face à cette situation, le renforcement de la surveillance, l’amélioration de l’accès aux soins, la mobilisation des financements et surtout la confiance des populations apparaissent comme les principales clés pour freiner une épidémie qui, en seulement quelques mois, a déjà dépassé le lourd bilan de la précédente grande crise d’Ebola de 2018-2020.

 

Rustine De Gloire

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