Face à l’incivisme: « Il suffit d’aimer le pays et de rechercher son progrès » dixit Denis Sassou Nguesso

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Ce qui devait être un simple moment de célébration pour l’inauguration du complexe scolaire de la Liberté, s’est rapidement mué en un échange intense entre journalistes et Président de la République, presque comparable à une « mini quinzaine du gouvernement ». Les questions ont fusé, parfois pressantes, révélant une préoccupation majeure : l’avenir des infrastructures publiques dans un pays où l’incivisme gagne du terrain et la sécurité nationale à la «une» grâce à la DGSP.

Le Président, visiblement interpellé, a rappelé son attachement symbolique à cet arrondissement : « Lorsque j’avais été chassé de mon arrondissement, c’est celui-ci qui m’a accueilli, le 5 juin 1997 ». Un rappel fort, mais vite éclipsé par les interrogations sur l’entretien des infrastructures publiques et le comportement des citoyens.

Infrastructures neuves, dégradations rapides : le mal congolais de l’incivisme

À travers la question d’un journaliste, l’inquiétude est posée : ce joyau offert aux enfants du Congo ne risque-t-il pas de tomber, comme tant d’autres, dans l’abandon ou la destruction prématurée ? Le Chef de l’État répond sans détour : « Il y a deux raisons : le manque de moyens et surtout l’incivisme. Nous manquons d’esprit patriotique ».

Le Président élargit le constat : l’irrespect du bien public ne touche pas uniquement les écoles, mais aussi les hôpitaux, les routes, les véhicules de l’État, jusqu’aux chaises dans les bureaux. Il fustige cette attitude qui consiste à préserver soigneusement ses biens personnels, mais à négliger, voire dégrader ceux de la collectivité.

Éduquer à la citoyenneté : l’urgence d’un sursaut collectif

Pour le Président, le problème est profond : il relève moins des infrastructures que de l’éducation civique, du patriotisme et du respect du bien public. Il plaide pour un enseignement qui ne s’adresse pas seulement aux enfants, mais aussi aux adultes : « L’éducation ne concerne pas seulement les élèves. Il faut aussi éduquer les adultes » parents,  fonctionnaires et citoyens.

Il rappelle que tous les départements du pays sont politiquement unifiés derrière le Parti Congolais du Travail (PCT), mais que l’unité politique ne doit pas masquer les défis de comportement et de responsabilité collective.

Sécurité, paix et responsabilité nationale

Profitant de l’échange, les journalistes abordent également la question de la sécurité, notamment les récentes opérations menées par la sécurité présidentielle. Face aux critiques, le Chef de l’État justifie : « La sécurité présidentielle fait partie de la force publique. Elle participe au maintien de l’ordre quand cela est nécessaire ».

Il insiste sur la nécessité de préserver la paix, conquise difficilement depuis les années 2000 : « Notre pays a trop connu la violence. Nous ne pouvons pas laisser renaître le désordre ». Comme en France avec l’opération Vigipirate, dit-il, l’intervention exceptionnelle des forces armées est parfois indispensable.

Denis Sassou Nguesso assume clairement ses instructions données au Général Serge Oboa de la DGSP afin de traquer fermement  les gangs qui ont longtemps perturbés la quiétude des populations. 

Construire, protéger, transmettre

L’inauguration du complexe scolaire de la Liberté reste un symbole fort de développement et de volonté politique. Mais derrière les applaudissements, une vérité dérange : si les mentalités ne changent pas, aucune infrastructure, aussi moderne soit-elle, ne tiendra face à l’incivisme et au désengagement citoyen.

Le message du Président est clair :

 « Il suffit d’aimer le pays et de rechercher son progrès » et le reste, c’est une question d’attitude face au bien public.

Juslie Lebongui

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