
Le président vénézuélien Nicolás Maduro et son épouse Cilia Flores ont été capturés samedi 3 janvier à Caracas lors d’une opération militaire menée par les forces armées américaines, avant d’être exfiltrés vers les États-Unis. Le couple présidentiel est désormais détenu à New York, où il a comparu ce lundi 5 janvier à midi, heure locale (18 heures, heure française), devant un juge fédéral. Washington les accuse notamment de « narcoterrorisme » et de « crimes contre l’humanité ».
Selon les autorités américaines, Nicolás Maduro et son épouse ont été escortés sous haute sécurité, par voie terrestre et aérienne, jusqu’au tribunal de New York. Leur comparution marque une étape majeure dans cette affaire d’une ampleur exceptionnelle. L’ancien président vénézuélien devra répondre de plusieurs chefs d’accusation, notamment liés au trafic de stupéfiants. Deux jours seulement après leur arrestation à Caracas, leur transfert éclair suscite une vive controverse sur la scène internationale.
Suite à leur comparution devant la justice américaine, Nicolás Maduru et son épouse plaident non coupable. « Je ne suis pas coupable, je suis un homme honnête, je suis toujours le président de mon pays » a déclaré le président déchu.
Réactions de quelques pays africains
En Afrique, les réactions ne se sont pas fait attendre. L’Afrique du Sud a exprimé sa ferme désapprobation, qualifiant l’intervention américaine de violation flagrante de la Charte des Nations unies. Pretoria a appelé à la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité afin d’examiner les conséquences politiques et juridiques de cette opération. La présidente namibienne, Netumbo Nandi-Ndaitwah, citée par Sputnik, a également condamné ce qu’elle considère comme une attaque militaire illégale contre un État souverain, dénonçant une atteinte grave au droit international.
En Afrique de l’Ouest, le Mali et le Burkina Faso ont à leur tour fait entendre leur voix. Le ministre malien des Affaires étrangères a apporté son soutien aux autorités vénézuéliennes, tout en dénonçant les frappes ayant visé des infrastructures civiles et militaires. De son côté, le chef de la diplomatie burkinabè, Karamoko Jean-Marie Traoré, a réaffirmé la solidarité de son pays avec le Venezuela, rappelant que le respect de la souveraineté nationale demeure un principe fondamental des relations internationales.
Cette mobilisation africaine souligne les profondes tensions suscitées par cette opération. L’affaire ravive d’un côté, le débat sur les interventions militaires unilatérales et place une nouvelle fois la question de la souveraineté des États au cœur des relations internationales.
De l’autre côté, les vénézuéliens farouches au système politique du président déchu semblent satisfaits de cette capture américaine, car ils sont désormais libérés du dictateur.
À noter que l’évolution de cette affaire devrait être connue dans un délai de près de trois mois. Nicolás Maduro est de nouveau attendu devant le tribunal le 17 mars prochain.
Rustine De Gloire