Au Palais Bourbon, le racisme s’invite par courrier : Nadège Abomangoli riposte

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Un venin lâche, glissé dans une enveloppe sans nom. Le 11 juillet, au cœur même du Palais Bourbon, la députée de la Seine-Saint-Denis et vice-présidente de l’Assemblée nationale, Nadège Abomangoli, a découvert sur son bureau une lettre anonyme. Un concentré de haine, où se mêlaient invectives racistes et propos sexistes. Une tentative d’intimidation grossière, contre une femme politique née au Congo, élue de la République, investie des plus hautes responsabilités.

L’autrice  ou l’auteur de ce message fétide s’y permettait des phrases abjectes : « Une Noire n’a rien à faire à ce poste », ou encore « Le décolonialisme ne vous rend pas légitime ». Des mots d’un autre âge, jetés contre une réalité contemporaine que certains peinent encore à accepter : la France d’aujourd’hui se conjugue au pluriel.

Nadège Abomangoli, loin de se taire, a décidé de saisir la justice. Une plainte a été déposée ce mercredi 30 juillet 2025 auprès du parquet de Paris, comme l’a confirmé son avocate, Me Chirinne Ardakani. Les faits sont clairs : « outrage envers une personne investie de l’autorité publique » et « injure non publique à caractère raciste et sexiste » a relayé le média français “20 minutes”. La vice-présidente refuse « de se laisser intimider » et dénonce « la propagation de la haine raciste et sexiste » dans les plus hautes sphères de la République.

Âgée de 49 ans, élue en Seine-Saint-Denis sous l’étiquette de La France insoumise, Nadège Abomangoli incarne une France diverse, dynamique, debout. En accédant à la vice-présidence de l’Assemblée nationale en juillet 2024, elle n’a pas seulement franchi un seuil institutionnel, elle est devenue symbole. Et c’est sans doute cela que cette lettre cherchait à entacher. Mais loin de faiblir, elle oppose à la haine l’arme la plus implacable : la loi.

Juslie Lebongui

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