Deux cinquantenaires traduits en justice à Brazzaville pour délits fauniques 

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Deux hommes âgés de plus de 50 ans, soupçonnés d’activités de braconnage, ont été déférés devant le Procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Brazzaville avant d’être placés à la maison d’arrêt, en attendant l’ouverture de leur procès.

Les faits remontent au 3 juin 2026. Les deux individus ont été interpellés dans la Réserve naturelle de Léfini-Lésio-Louna, située dans le département du Djoué-Léfini, alors qu’ils détenaient soixante morceaux de viande boucanée d’hippopotame. Ils ont été présentés à la justice le 9 juin dernier.

Les présumés trafiquants

Selon les premiers éléments de l’enquête, les mis en cause seraient originaires de la République démocratique du Congo. Leur arrestation a été effectuée par les écogardes de la réserve, avant qu’ils ne soient remis aux agents des Eaux et Forêts pour la poursuite de la procédure judiciaire.

Informé de cette affaire, le Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage (PALF), en collaboration avec les autorités compétentes, apporte son assistance technique dans le traitement du dossier.

Parallèlement, les investigations se poursuivent afin d’identifier et d’interpeller d’éventuels complices toujours en fuite. Les autorités rappellent que toute activité de chasse à l’intérieur d’une réserve naturelle est strictement interdite.

Les deux prévenus sont poursuivis pour abattage illégal d’une espèce intégralement protégée, détention, circulation et tentative de commercialisation de trophées d’hippopotame. En vertu de la législation congolaise en vigueur, ils risquent jusqu’à cinq ans d’emprisonnement ferme ainsi que de lourdes amendes pouvant atteindre cinq millions de francs CFA.

Le gouvernement congolais et les acteurs engagés dans la conservation de la biodiversité ne cessent d’alerter sur les conséquences dramatiques du braconnage et du trafic des produits issus de la faune sauvage, qui contribuent à la disparition progressive de nombreuses espèces à travers le monde. Déterminé à préserver son patrimoine faunique, le Congo affirme sa volonté de sanctionner avec fermeté toute violation des dispositions relatives à la protection des espèces animales, en particulier celles menacées d’extinction.

Cette affaire intervient quelques semaines après l’interpellation de trois autres présumés braconniers à Lékana et Ngo, dans le département des Plateaux. Arrêtés par des éléments de la gendarmerie, ils étaient en possession d’armes à feu, dont une arme de guerre, de munitions ainsi que de huit pointes d’ivoire d’un poids total supérieur à 31 kilogrammes. La première audience de cette affaire est prévue le 24 juin 2026 devant le Tribunal de grande instance de Djambala.

Pour rappel, l’article 27 de la loi n°37-2008 du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées stipule que : « L’importation, l’exportation, la détention et le transit sur le territoire national des espèces intégralement protégées, ainsi que de leurs trophées, sont strictement interdits, sauf dérogation spéciale accordée par l’administration des Eaux et Forêts pour les besoins de la recherche scientifique. »

 

Juslie Lebongui

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