Le présumé trafiquant de bébé chimpanzé en attente de son verdict

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Le verdict dans l’affaire d’un présumé délinquant faunique interpellé le 28 octobre dernier à Nkayi pour détention, circulation et tentative de commercialisation d’un bébé chimpanzé vivant est attendu le 20 novembre 2025 au Tribunal de Grande Instance de Madingou, dans le département de la Bouenza. L’homme, âgé d’un peu plus de quarante ans, avait été arrêté en flagrant délit par les services de la gendarmerie de la Bouenza, en collaboration avec la Direction départementale de l’Économie forestière et le Projet d’Appui à l’Application de la Loi sur la Faune sauvage (PALF).

De nationalité congolaise, le prévenu avait reconnu les faits lors de son audience du 6 novembre dernier. Il encourt une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans d’emprisonnement ferme, assortie d’une amende de cinq millions de francs CFA, conformément à la loi en vigueur. Le bébé chimpanzé, quant à lui, a été confié à l’équipe de l’Institut Jane Goodall, au sanctuaire de Tchimpounga dans le département du Kouilou, où il reçoit actuellement des soins avant de retrouver un jour la liberté.

Selon les premières enquêtes, l’animal aurait été capturé dans les forêts du district de Kindamba, dans le département du Pool. Âgé d’environ six mois, il aurait passé près de deux mois en captivité, exposé au soleil, mal nourri et privé de liberté. Ces conditions difficiles rappellent la cruauté des trafics d’espèces protégées qui persistent malgré les lois strictes du pays.

Très proche de l’homme par son comportement social et ses capacités de communication, le chimpanzé est aujourd’hui menacé de disparition à cause de la destruction de son habitat, du braconnage et du commerce illégal.

En République du Congo, le chimpanzé est une espèce intégralement protégée par l’Arrêté n°6075/MDDEFE/CAB du 9 avril 2011. L’article 27 de la loi 37/2008 du 28 novembre 2008 sur la faune et les aires protégées interdit formellement la détention, la commercialisation et le transport de ces animaux sans dérogation spéciale pour la recherche scientifique ou la reproduction.

Le procès en cours à Madingou représente ainsi un moment crucial pour rappeler la nécessité de protéger la biodiversité et d’appliquer rigoureusement la loi contre le trafic d’espèces sauvages.

Juslie Lebongui

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