Un statut n’est pas toujours un message codé

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« Il a publié ça pour moi. » Combien de fois avons-nous entendu cette phrase après la publication d’un statut WhatsApp, Facebook ou d’une vidéo sur les réseaux sociaux ? Une citation, une chanson, une phrase énigmatique, une photo ou même une vidéo devient rapidement, dans l’imaginaire de certains, un message personnel destiné à quelqu’un. Et pourtant, rien n’est aussi simple.

Publier un contenu sur son statut ne signifie pas nécessairement s’adresser à une personne précise. Celui qui partage peut simplement avoir aimé un message, vouloir transmettre un conseil, exprimer sa joie, raconter une peine, célébrer une promotion ou partager une conviction. Les réseaux sociaux sont devenus des espaces d’expression où chacun expose, à des degrés différents, une partie de son univers. Tout n’est donc pas forcément une pique, une réponse ou une déclaration indirecte.

Le contexte reste le meilleur interprète. Une publication peut prendre un sens particulier lorsqu’elle intervient après un événement précis, une dispute ou une déclaration. Mais même dans ce cas, l’interprétation ne doit pas être transformée en certitude. Nous avons parfois tendance à nous reconnaître dans des messages qui ne nous étaient même pas destinés. C’est le piège de la surinterprétation : chercher une intention personnelle derrière chaque publication.

En société, il faut surtout apprendre à distinguer la casquette de la personne de la personne elle-même. Un responsable, un journaliste, un pasteur, un artiste, un enseignant, un homme politique ou un simple citoyen peut publier des contenus à titre personnel. Sa fonction ne devrait pas automatiquement transformer chacune de ses publications en déclaration officielle ou en prise de position professionnelle. La responsabilité commande toutefois de savoir que, sur Internet, la frontière entre le personnel et le public est souvent très mince.

Alors, que retenir ? Retenir d’abord que derrière un statut, il y a une personne, mais pas forcément un destinataire. Retenir ensuite que toute publication mérite d’être replacée dans son contexte avant d’être interprétée. Et surtout, retenir qu’une société apaisée ne peut pas fonctionner sur les suppositions, les procès d’intention et les messages que chacun croit déchiffrer entre les lignes.

À l’ère où quelques secondes suffisent pour publier et quelques minutes pour provoquer une polémique, savoir regarder sans tout interpréter est devenu une forme de sagesse. Tout ce qui apparaît sur notre écran ne nous concerne pas. Parfois, un statut n’est qu’un statut. Et parfois, le véritable message est simplement celui que son auteur a choisi d’écrire sans destinataire caché.

 

Juslie Lebongui 

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