
Le Tribunal de grande instance de Djambala, dans le département des Plateaux, a prononcé, le 22 juillet 2026, de lourdes sanctions à l’encontre de trois individus reconnus coupables de faits de braconnage et de détention illégale d’armes. Justin Moko Pea, alias « Colonel », a été condamné à trois ans de prison ferme. Ses deux complices, Ghislain Akouala Maloba et Enoch Ikombo, écopent chacun de deux ans d’emprisonnement, dont quinze mois ferme.
Les trois condamnés devront également s’acquitter solidairement d’une amende de 150 000 FCFA et verser cinq millions de FCFA de dommages et intérêts à l’État congolais.

Cette affaire remonte aux 23 et 24 mai 2026, lorsque les éléments de la Région de gendarmerie des Plateaux ont interpellé les suspects dans les districts de Lekana et de Ngo. Les forces de l’ordre avaient découvert en leur possession plusieurs armes à feu, dont une arme de guerre, des munitions, ainsi que huit pointes d’ivoire d’un poids total supérieur à 31 kilogrammes. La Direction départementale de l’Économie forestière des Plateaux, avec l’appui technique du Projet d’appui à l’application de la loi sur la faune sauvage (PALF), a ensuite pris part aux investigations.
Placés sous mandat de dépôt le 2 juin 2026, les trois prévenus avaient comparu une seconde fois devant le tribunal le 8 juillet. Lors de cette audience, ils avaient reconnu les faits qui leur étaient reprochés, avant que le jugement ne soit mis en délibéré.
Au terme de la procédure, Justin Moko Pea a été reconnu coupable d’abattage d’espèces intégralement protégées, notamment des éléphants, ainsi que de détention illégale d’armes et de munitions de guerre. Ghislain Akouala Maloba et Enoch Ikombo ont, quant à eux, été condamnés pour complicité.
Selon des sources proches du dossier, le principal condamné et ses complices seraient impliqués dans l’abattage de plusieurs éléphants dans les forêts du district de Lekana. Originaires de différentes localités du Congo, notamment Gamboma et Mossaka, ils seraient venus opérer dans cette zone. Les enquêteurs estiment par ailleurs que plusieurs autres membres du réseau sont toujours en fuite et poursuivent leurs investigations afin de démanteler cette filière de braconnage et de trafic de produits fauniques.
Les autorités congolaises rappellent que le braconnage et le commerce illégal des produits issus de la faune sauvage constituent une menace majeure pour la biodiversité. Engagé dans la protection des espèces menacées, le Congo affirme sa détermination à appliquer avec fermeté la législation en vigueur. La décision rendue par le Tribunal de Djambala s’inscrit dans cette politique de tolérance zéro.
La loi n°37-2008 sur la faune et les aires protégées interdit notamment l’importation, l’exportation, la détention et le transit des espèces intégralement protégées ainsi que de leurs trophées, sauf autorisation spéciale délivrée par l’administration des Eaux et Forêts à des fins de recherche scientifique.
Juslie Lebongui